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Service information - ville de Nivelles
Site de l'église Saint-Paul
Lors des fouilles archéologiques de la Grand Place, les archéologues du Service public de Wallonie (SPW) ont redécouvert l'église Saint-Paul, voisine oubliée de Sainte-Gertrude, au cœur de Nivelles. Les visites guidées du chantier, organisées par le SPW en partenariat avec la Ville, se dérouleront les dimanches 11 juillet et 15 août prochains, à 10h & 11h, 14h & 15h.
Car en effet, depuis mars 2009, les travaux de réaménagement entrepris sur la Grand-Place de Nivelles perturbent et modifient le sous-sol du cœur historique de la ville. Considérant cet impact non négligeable, le Service de l'Archéologie de la Direction Extérieure du Brabant wallon, en collaboration avec la Direction de l'Archéologie du Service Public de Wallonie, a décidé d'intervenir afin d'enregistrer et analyser ce patrimoine voué à disparaître.
Les vestiges mis au jour sont multiples et appartiennent en grande partie à l'abbaye de Nivelles, berceau de la cité. Parmi ceux-ci, citons l'église Notre-Dame et le cimetière qui l'entourait, un ensemble de fours de tuiliers probablement actifs au Haut Moyen Âge, une autre nécropole sans doute privilégiée située à l'ouest de la collégiale Sainte-Gertrude et datée des Xe - XIIIe siècles, ou encore les caves d'anciennes maisons dont certaines vraisemblablement canoniales, ... A propos de l'église Saint-Paul (VIIe - XVIIIe s.)
Au vu du potentiel attesté dans l'espace situé entre l'Hôtel de Ville et le Palais de Justice, il était nécessaire de programmer une opération archéologique préalable aux travaux d'aménagement. En effet, à cet endroit se dressait l'église Saint-Paul, troisième église du complexe abbatial de Nivelles. Une fouille préventive a donc été convenue en accord avec les Autorités communales. Planifiée sur 6 mois, elle se terminera à la fin du mois d'août 2010.
Cadre historique
Les origines de cette église se confondent avec celles de l'abbaye, fondée par Sainte-Gertrude et sa mère Itte, la veuve de Pépin de Landen, au milieu du VIIe siècle. Dans le "palais", situé au coeur d'un important domaine dont elles avaient hérités, Gertrude et sa mère développèrent une communauté de moniales. Parallèlement, elles mirent en place une communauté masculine dont le centre névralgique était Saint-Paul. Toutes deux ne furent démantelées qu'après l'invasion française de la fin du XVIIIe siècle et la nationalisation des biens de l'Eglise.
Première évaluation archéologique en 1960
Après avoir collaboré aux fouilles dans la collégiale Sainte-Gertrude, le professeur J. MERTENS (Service national des Fouilles) s'intéressa au secteur situé devant le Palais de Justice. En quelques jours, il ne put ouvrir que quelques tranchées lui permettant une observation limitée des structures archéologiques. Cette intervention lui avait permis néanmoins de dresser un plan mettant en évidence la succession de plusieurs églises. Leur subsistance était donc bien attestée avant les travaux actuellement en cours.
Contexte de l'intervention
Cinquante ans plus tard, l'église Saint-Paul est à nouveau menacée par les réaménagements. L'intervention archéologique préventive est donc la dernière opportunité d'appréhender certains témoins matériels de cette partie intégrante de la prestigieuse institution ecclésiastique.
Les nouvelles découvertes
Quelques structures éparses témoignent d'une occupation encore mal appréhendée antérieure à la construction de la première église. Celle-ci, conservée en partie en élévation, date certainement de la seconde moitié du VIIe siècle. Plusieurs niveaux de sol témoignent des aménagements successifs à l'intérieur de l'église mérovingienne.
L'église suivante, sans doute édifiée dans le courant du IXe siècle, n'est conservée qu'en fondation. Un choeur latéral lui était adjoint au nord. A la fin du Xe siècle, l'église est une dernière fois reconstruite. Au cours de cette phase, l'église est agrandie à l'est par un choeur à chevet plat complété d'une abside, comparable au chevet de la collégiale Sainte-Gertrude édifié peu de temps après.
A l'origine, ce dernier édifice était affublé d'un massif occidental, également appelé avant-corps, sans doute détruit dès la fin du Moyen Âge pour faire place à ce qui pourrait être un simple agrandissement de la nef.
Coordination de l'opération de fouilles préventives : Frédéric CHANTINNE Marie-Laure VAN HOVE Elisa PLEUGER Didier WILLEMS
Informations : Direction de l'Archéologie Service public de Wallonie Rue des Brigades d'Irlande, 1 à 5100 JAMBES tél : 081/33 24 80 |